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La Croix des Assassins
Sortie le 5 juin 2008

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Dernière mise à jour

le 17/07/08
Carnet de voyage à Salvador de Bahia
Episode 1

Le rituel de l'ombre

Vichy et les persécutions contre la maçonnerie

« La franc-maçonnerie est la principale responsable de nos malheurs, c'est elle qui a menti aux Français et qui leur a donné l'habitude du mensonge. »
« Un Juif n'est pas responsable de ses origines, un franc-maçon l'est toujours par son choix. »
Maréchal Philippe PÉTAIN
L'arrivée au pouvoir du maréchal Pétain en juillet 1940 s'est accompagnée de la promulgation rapide de lois antimaçonniques.

Le 13 août 1940, toutes les sociétés secrètes sont dissoutes. Et au premier chef toutes les obédiences maçonniques. Une exposition antimaçonnique est organisée à Paris en octobre 1940, au Petit Palais, par le directeur du journal l'Illustration.
Un an plus tard, le 11 août 1941, une autre loi interdit la fonction publique aux maçons à partir du grade de maître, ce qui vise les trois quarts des effectifs français. Ces maçons perdent leurs moyens de subsistance en temps de guerre mais ils sont en plus dénoncés dans le Journal officiel à partir du 12 août.

Les journaux collaborationnistes publient des listes de noms. Le 2 décembre 1941, création de la Commission spéciale des sociétés secrètes avec pour objectif de renforcer la lutte contre les maçons dans tout le pays. 64 350 maçons ont ainsi été fichés par le service français des sociétés secrètes; Un peu plus d'un millier d'entre eux ont été déportés dans les camps de concentration. A la différence des Juifs, le fait d'être maçon ne voulait pas dire qu'ils étaient obligatoirement déportés. Les frères arrêtés et envoyés dans les camps de la mort l'ont été, pour une grande partie, pour leur appartenance à des réseaux de résistance dont Patriam Recuperare, Liberté.
Le comité clandestin d'Action maçonnique coordonnait les réunions. Pierre Brossolette, initié à la loge Emile Zola, et Jean Moulin, font partie des grands martyrs de la Résistance, mais il y eut aussi nombre d'anonymes membres des différentes obédiences dont les noms ont été retrouvés après-guerre. L'ouvrage La Franc-Maçonnerie française durant la guerre et la Résistance de Maurice Vieux (Grande Loge de France) égrène ces noms. Gallice Gabriel de la loge Arago, Jacques Arama de la loge les Inséparables d'Osiris, Joseph Marchepoil de l'Etoile écossaise... Une tenue funèbre a eu lieu le 17 septembre 1945 au Grand Orient pour prononcer l'éloge des disparus: Bascan des Amis philanthropes, Fourneyron des Démophiles, Gilloty de l'Aurore sociale.Comme à l'image de la France de l'époque, tous les maçons n'ont pas été résistants et il y en eut même qui ont collaboré. A la Libération, les obédiences ont chassé les brebis galeuses avec fermeté, comme le F:. Li ... entré dans la magistrature de Pétain et qui a assuré sa fortune dans les Affaires juives (Lettres maçonniques confidentielles, janvier 1958).
Si la répression antimaçonnique a été encouragée par les Allemands, elle est surtout l' oeuvre de Pétain et de son entourage, issus de la droite nationaliste se réclamant de Charles Maurras, en particulier Raphaël Alibert, ministre de la Justice de l'époque. Le maréchal n'avait jamais caché son mépris de la maçonnerie.

Quelques ouvrages sur cette période sombre :


Le très complet ouvrage La Franc-Maçonnerie sous l'Occupation, persécutions et résistance. (Editions du Rocher).

* Vichy et les Francs-Maçons, Dominique Rossignol, (J.C. Lattès);

* Histoire de la F-M sous l'Occupation, Lucien Botrel (Editions Détrad).

* Les Francs-Maçons sous la Francisque (Publications H.C. 1999).

* Propagande anti-maçonnique du gouvernement de vichy "33 "Documents Maçonniques" [Collectif]

Et aussi celui écrit par Henry Coston, de l'autre côté de la barrière sous l'Occupation; partisan de la collaboration, il travaillait dans les locaux occupés de la Grande Loge de France

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