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La Croix des Assassins
Sortie le 5 juin 2008

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Dernière mise à jour

le 17/07/08
Carnet de voyage à Salvador de Bahia
Episode 1

Dialogues

"La littérature est un fleuve" Par Jiri Pragman


Evoquez «Le Rituel de l'Ombre» ou la «Conjuration Casanova» ou «Le Projet Salomon» et vous verrez des narines se pincer. Certains snobent ce genre qu'est le roman policier ou «noir» maçonnique ou maugréent sur ces Maçons qui veulent «faire de l'argent».

Dixit Franck Conroy, "A défaut d'être un long fleuve tranquille, la littérature maçonnique est un fleuve intarissable". Soyons pourtant sérieux : n'y a-t-il pas moyen d'arrondir ses fins de mois plus facilement qu'en s'astreignant à rédiger un ouvrage maçonnique, quel qu'il soit? Simple calcul: les droits d'auteur varient entre 6 et 10% (pour un auteur bien assis) du prix de vente ; si un ouvrage à 20 euros se vend à mille exemplaires - ce qui est déjà correct vu le genre et la taille du «marché» il rapportera glorieusement, pour du 8%de droits, mille six cents euros au final. Un montant modeste, compte tenu des frais (documentation, déplacements) engendrés et du temps passé. Bref, certains business sont plus immédiatement rentables!

Pourtant des bouquins maçonniques marchent. «Le Rituel de l'Ombre» du duo Giacometti (profane) – Ravenne (Maçon) s'est vendu à 47.000 exemplaires en grand format et le succès a ouvert les portes d'un club du livre. (France Loisirs, 42.000 exemplaires) puis d'une édition de poche (pocket, 40.000 exemplaires en quatre mois). On parle de traductions en allemand, danois, italien, espagnol, néerlandais. Mais les deux amis pouvaient-ils imaginer que ce travail commun, allait déboucher sur un tel succès ;. On peut se demander ce qui dérange certains maçons. Est-ce l'éventuel profit ? Ou sa recherche ? Ou plutôt l'utilisation de connaissances maçonniques au service d'un genre littéraire considéré comme secondaire ou inutile?

Cependant, des essayistes ont droit à la même mine renfrognée car ils sont suspectés de ne pas vouloir faire preuve d'une humilité toute maçonnique. Et ces méfiants de s'interroger sur leurs motivations : s'agit-il pour ces auteurs d'apporter leur pierre ? Ou veulent-ils simplement étaler à la grosse truelle une certaine culture maçonnique?

Peut-être les essayistes d'aujourd'hui brûlent-ils chaque jour un cierge à Saint Daniel (Ligou et le «.Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie») ou à Saint Jules (Boucher et «La Symbolique maçonnique») dont le culte a été en partie remplacé par celui de Sainte Irène (Mainguy et «La Symbolique maçonnique du troisième millénaire») ? Sans doute tout auteur maçonnique rêve-t-il de ce plan d'enfer: commettre une « somme » que tout Maçon se doit de posséder (sorti en 2001, le Mainguy a été vendu à 26.000 exemplaires et est traduit en italien et roumain) ?

Il nous faut ajouter que le livre maçonnique connaît une spécialité typiquement française : le livre de Grand Maître. C'est fou ce qu'ils ont le temps d'écrire ces Grands Maîtres ... ou «ceux à qui on n'a pas dit qu'ils ne l'étaient plus» !

Merci à Jiri Pragman pour ce texte



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